Si vous vous en souvenez, la première fois que j'ai dégusté ce superbe prominente, ça n'a pas été la découverte que j'attendais ; j'étais visiblement tombé sur un mauvais exemplaire mais je n'avais pas jeté l'éponge pour autant. J'étais donc retourné quelque temps après ça dans ma civette habituelle afin de me procurer un nouvel exemplaire, en suivant les conseils avisés de certains d'entre vous: choisir un cigare provenant d'un cabinet. La chose faite, j'ai patiemment laissé végéter ce "Lusitanias" en vue d'une dégustation dans les mois à venir. En ce 15 août caniculaire je me suis dit que ça pourrait être l'occasion de réitérer l'expérience et ainsi, avoir peut-être la chance de côtoyer ce qui semble se faire de mieux parmi les habanos.

Le titre de cet article étant assez riche en spoiler, je ne vous surprendrai pas trop en vous annonçant que ce "second round" fût à la hauteur de mes espérances. En fait, je dirais même que ce cher "Lustanias" m'a offert une belle leçon d'humilité (qualité à laquelle j'accorde énormément d'importance malgré mes nombreux défauts ...), tant il m'a fait me remettre en question sur ma petite expérience sur le cigare. En gros j'y connais rien, je pensais connaître des choses, je pensais savoir parler de ces choses et avoir le droit de les partager, mais la vérité est tout autre. Aujourd'hui je me rend compte que c'est sacrément prétentieux à mon niveau de penser être en mesure de quantifier un quelconque degré de maîtrise, alors qu'on parle ici de passion. Comme s'il y avait des "grades"ou des "levels" à attribuer pour les amateurs que nous sommes. J'ai pas le souvenir qu'il ait existé un jour la cérémonie des "Palais d'Or du Cigare", décernant des prix à celles ou ceux ayant fait preuve d'une sacrée maîtrise des sens pour leurs diverses dégustations.

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Tout ça pour dire qu'il y a parmi vous beaucoup d'aficionados ayant au fil du temps, aiguisé leur sens au point de pouvoir parler mieux que d'autres du cigare, sans pour autant que tout ça ne se transforme en un vulgaire concours de "qui a la plus grosse", comme si Jean-René serait à ce qui paraît plus qualifié que Raymond pour parler de telle ou telle vitole. Je crois tout simplement que chacun a sa vision d'une dégustation, sa manière bien à lui de fumer un cigare et de l'apprécier à sa juste valeur ; le plaisir ressenti doit rester le maître mot à mon humble avis. Le long et interminable laïus pseudo-philosophique se termine enfin, et même si vous n'avez pas vraiment compris où je voulais en venir (honnêtement moi non plus en me relisant), ce n'est pas ce qui importe tant que vous prenez toujours autant votre pied à vivre notre passion commune. Un camarade, surnommé "Peintre" sur le forum P1P2C, dit en parlant de ce cigare qu´il y a un avant et un après ; je comprends mieux ses propos aujourd'hui car il est vrai que ce "Lusi" m'a fait passer dans une autre dimension.

Revenons donc à nos moutons, contemplons ce joli double corona incarnant à lui seul la magnificence (bim, mot compte triple !!!) Cubaine tant la construction dont il jouit le ferait presque passer pour un des plus beaux joyaux de ce monde. Cuir tanné et cèdre, des senteurs très prononcées annonçant un cigare avec bien du caractère. Après quelques bouffées, le premier tiers annonce la couleur sur des notes de foin gras, de cèdre, de viande séchée et d'épices légères. Des saveurs qui ont mis un peu de temps pour bien se mettre en place mais une fois ceci fait, je vous raconte pas le "pied-bouche" gustatif !!! Quelle entrée en matière mes amis, c'est donc ça quand on tombe sur un "Lusitanias" de premier choix ? Et encore, s'agissant de mon deuxième exemplaire, puis-je me permettre de dire ça alors qu'il doit sûrement y avoir des "Lusi" encore bien plus incroyables ?!!

"J'y connais que dalle !!!" voilà ce que je me dis à ce moment de la dégustation, mais je l'apprécie comme il se doit alors au diable l'analyse !!! La suite s'oriente vers des registres suaves et torréfiés ; notes quelque peu crémeuses, de la noix fraîche, du café en grains et du vieux cuir. Un second tiers rond, puissant, très prononcé aromatiquement parlant, tout bonnement formidable. Pour son final ce cigare prend plus de corps, se fait plus terreux, animal et poivré ; je suis béat et rassasié. J'avoue ne pas avoir fait l'analyse du siècle (l'ai-je déjà fait en fin de compte ?), mais si vous saviez le panard que j'ai pu prendre à redécouvrir cette vitole et à vous en parler ... Ça ressemble à un trip cigaristique sur fond d'ambiance bien funky et groovy, qui pourrait s'apparenter à la vidéo qui va suivre ; bien à vous !!!