Du début à la fin, cette somptueuse vitole m'a offert une dégustation des plus poétiques, je me dois de souligner ce point important d'entrée de jeu. Le "Salomón" est un module mythique de la marque Cuaba, le dernier gros gabarit encore produit et il faut reconnaître qu'il fait preuve d'une élégance certaine dès sa prise en main. Malgré son format assez important, c'est un cigare assez léger, jouissant d'un remplissage très souple et aéré. Il émane de ce dernier de délicieuses senteurs essentiellement briochées, qui se retrouvent également à cru. Des préliminaires très charmeurs, qui promettent une dégustation de haute volée si je m'en fie à mon intuition ; le mieux reste tout simplement de vérifier, vous ne croyez pas ?

Après un allumage des plus simples pour ce genre de format, je constate que le démarrage se fait tout en finesse et apporte très rapidement des sensations assez onctueuses.  Les saveurs présentes s'avèrent être profondément gourmandes (moka crémeux, brioche au beurre et noix fraîche), avec quelques touches boisées. C'est un cigare peu puissant, qui joue plus la carte des saveurs gourmandes dont on profite grandement ; voici une vitole à laquelle on a envie d'accorder du temps et être à son écoute. Le second temps se montre tout autant délicat, où se mêlent des notes pâtissières (chocolat au lait et miel) et grillées (noisette grillée et café torréfié). Ça devient plus copieux et gras en milieu de parcours, offrant même une bonne mâche après chaque bouffée. Tout y est dans ce cigare: rondeur, équilibre parfait dans ses arômes, richesse et gourmandise. C'est en toute quiétude que j'entame le dernier acte, dont les débuts oscillent entre suave et fumé. Cette dernière partie m'offre de copieuses notes de cuir tanné, de vieux tabac, de crème et de bois précieux, pour finalement se diriger vers une apothéose bien rassasiante. Que dire de plus sur ce superbe cigare ? Les mots me manquent un peu pour en parler, je ne pense d'ailleurs pas lui avoir pondu le compte-rendu qu'il mérite tant il y a à dire, nous mettrons ça sur le coup de l'émotion on va dire ...

Cuaba Salomón