Le bonheur de sentir, le bonheur d'inhaler ces effluves magnifiques de tabac, émanant de chacune de mes caves après les avoir laissées tranquilles pendant une bonne semaine, le temps de partir en vacances avec ma tribu. C'est un des premiers trucs que j'ai fait une fois de retour chez moi: laisser aérer mes si précieux contenants en bois et profiter de ces magnifiques odeurs embaumant mon salon, pour mon plus grand plaisir. C'est un truc un peu con me direz-vous, mais je peux vous dire qu'après sept jours assez chargés dont trois au pays de Mickey, ça a fait plaisir à mes naseaux en manque de senteurs viriles. J'ai fait quelques missions en outre-mer par le passé, dont deux en Guyane avec pour charmante compagnie des camarades légionnaires, mais Disneyland ça relève quelque peu du parcours du combattant à certains moments. Le problème ne vient pas forcément de ma ravissante petite blonde qui a fêté ses quatre ans pour l'occasion, mais plus des gosses des autres vous voyez ? Sans faire le vieux réac, je dirais juste que certains de nos compatriotes issus de divers coins du globe sont quelque peu "laxistes" quant à l'attitude de leurs bambins qui, vivant à fond cet instant magique (ça je peux parfaitement le concevoir), s'avèrent quand même être très vite casse-burnes avec les autres, oubliant totalement les fondements mêmes de la politesse et de la courtoisie. C'est donc dans ce genre de situation, que tu te surprends à avoir envie de leur claquer le beignet sans éprouver une once de remords ... Au début tu t'inquiètes, tu te dis que c'est pas trop naturel d'avoir l'idée de céder à cette pulsion assez primaire, puis finalement tu te confortes dans ton délire en te récitant le vieux proverbe prononcé avec toute la zenitude qui soit par le grand dalaï-lama (sisi je vous jure): "les gosses c'est comme les pets, y a que les miens que je supporte !!!".

Mis à part ces petits désagréments devenant très vite obsolètes après la première mâtinée du séjour, voir les yeux émerveillés de sa petite c'est que du bonheur et ça vous fait même oublier cette saloperie de musique à la con qui vous trotte dans la tête pendant des jours, vous savez le fameux "gna-gna-gna, gna-gna, gna-gna-gna-gna ..." de It's a Small World. Et j'ai beau avoir séjourné dans un hôtel magnifique, joui de tout le confort qui soit, je mentirais en disant que l'idée d'embraser un puro sur le balcon ne m'a pas traversé l'esprit. Et c'est sur ce "Genios" de la gamme Maduro 5, que mon choix s'est porté à mon retour. C'est beau un cigare de cette gamme, la cape maduro y fait beaucoup d'ailleurs, dégageant des senteurs de cuir et de bois précieux très prononcées. Le démarrage démontre de suite des sensations grasses et épicées, qui se complètent à merveille avec les notes terreuses, boisées et florales de ce premier tiers. De légères pointes d'agrumes viennent égayer ce dernier, lequel se résume à être assez puissant et copieux. Le second tiers fait preuve d'une rondeur certaine, tout en se montrant toujours aussi gras qu'au départ. Des notes de café torréfié, de réglisse et de brioche au beurre, apportent une certaine complexité à cette vitole et animent avec brio cette seconde partie. C'est sous une facette plus poivrée qu'elle termine sa prestation, en vue d'amorcer le tiers final. Ce dernier se montre d'ailleurs assez simpliste par rapport aux précédents, mais ça n'entache en rien cette dégustation. Moins complexe il est vrai, il arrondit cependant les angles en se montrant délicieusement crémeux et épicé, en mettant en valeur des notes viriles de vieux tabac et de cuir tanné, le tout soutenu par une magnifique puissance. Que dire suite à cette dégustation, après ces retrouvailles avec mes précieuses vitoles, si ce n'est que fumer reste un plaisir à part, qui devient encore plus appréciable lorsqu'il se fait désirer.

Cohiba Genios